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  • Banlieues de la théorie

    (Textes initialement parus dans l’Agenda de la pensée contemporaine, 10, printemps 2008
    Dossier « Les banlieues de la théorie » )
     
    (Pour lire le dossier complet, visitez Fabula.org)
     
    Enseigner dans une université de banlieue engage. Sur le plan géopolitique, c’est évident, puisque le recrutement « naturel » la destine à une population culturellement défavorisée. Mais aussi sur le plan théorique. Il suffit d’ailleurs de regarder au-delà des clichés pour voir que les enseignements de troisième cycle des universités de banlieue attirent également des étudiants provenant d’autres universités de la région parisienne, dont certaines localisées intra muros, et d’universités étrangères.
     
    Il semblerait en effet que la théorie actuelle ait de plus en plus tendance à se réfugier aux portes des capitales, chassée du centre par la restauration du sens commun, au nom d’une démocratisation des savoirs appuyée sur l’idée, qualifiée par Homi Bhabha de « présupposé aussi défaitiste que dommageable », que « la théorie serait fatalement la langue de l’élite, celle des privilégiés sur le plan social et culturel[1] ». Une langue spéciale, un code assurant l’autorité de ses praticiens usant de mots compliqués et d’argumentations absconses. Loin de la réalité, loin de l’action, loin de la vie.

    Nous assisterions donc à un retournement de situation, la théorie se trouvant bannie du régime universitaire au bénéfice d’une exaltation du sens commun et d’une promotion de la pratique. En fait, cette disposition est un leurre. Il s’agit, en réalité, d’effacer l’idée que le centre conserve bien entendu une main théorique édictant les valeurs et construisant les vérités, mais qu’il le dénie au titre d’une nature des choses.

    L’idée de ce chantier en cours est consécutive au fantasme collectif qui avait agi l’opinion lors des troubles survenus dans certaines banlieues parisiennes en novembre 2005. On se souvient de la couverture des média : il y avait eu des « émeutes », des quartiers s’étaient « embrasés ». On avait même… brûlé des voitures !

    Cette réflexion a donné lieu à des débats collectifs dans les départements de littératures de l’Université Paris 8, située à Saint-Denis. Elle pourra prendre la forme, dans l’avenir, d’autres interventions.

     
     
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